LÉA DEBUSSCHÈRE
MILA LANDREAU
SALOMÉ VEILLEUX


APPEL À PROJETS 2020
CATÉGORIE / ARTS & CRÉATION
PROJET / SUMMER S/COOL
Interview par Hélène Altmann






S’installer. Ces trois-là en ont envie et en prennent le chemin. Léa Debusschère, Mila Landreau et Salomé Veilleux se sont rencontrées il y a 7 ans sur les bancs du lycée section Art à Bordeaux. Depuis, les idées et les éclats de rire fusent. Elles suivent des études d’art mais en demandent plus. Ne sont pas satisfaites par ce que l’école leur propose. « L’école apporte beaucoup mais nous pousse parfois à penser que des projets singuliers n’ont pas leur place au sein des institutions » avancent-elles. Elles trouvent tout trop aligné, trop rangé, pas assez mélangé. Elles veulent ouvrir des fenêtres, élargir l’horizon.

Elles fondent une association, Le Petit Club, pour être prises au sérieux. Comprendre : avoir un statut. Elles lancent des ateliers de sérigraphie, s’essaient aux tatouages sérigraphiés (éphémères), mais évidemment cela ne leur suffit pas. Ces filles-là ont des ailes. Elles font un événement aux Buttes Chaumont - une après-midi musique, tatouages, bonne ambiance et « jeunes de partout ». Trop court.  Quand le soir tombe, elles n’ont pas envie de s’arrêter là. Elles veulent créer quelque chose. Que chacune ne reste pas dans sa ligne de vie et ses études. Décloisonner l’art, le design, les beaux-arts, le graphisme, la céramique.

Et pourquoi pas créer une Summer S/cool ? Une SummerS/cool ? Qu’entendent-elles par là ? « C’est pas une école et c’est cool « rigole Salomé. « C’est un clin d’œil à nos écoles « renchérit Léa. Quoi de plus sérieux quand on a 22 ans ? Il « suffit » de réunir 50 étudiants et intervenants de toute la France, trouver un lieu sublime en bord de mer capable de les accueillir pendant 5 jours, définir un programme, trouver le financement. Facile.

L’édition zéro de la SummerS/cool a eu lieu l’été dernier. « Pendant 5 jours ce qui n’était pas suffisant « annonce d’emblée Mila, qui voit déjà une semaine complète pour l’an prochain. « Il fallait bien s’installer « modère Salomé. C’était le thème choisi pour la semaine. En très peu de temps, et malgré les aléas du confinement, Léa, Mila et Salomé ont trouvé le lieu – une sublime maison, le Domaine de la dune, ancienne colonie de vacances appartenant à la ville de Bordeaux « à deux minutes de la plage à pied ». Elles ont trouvé les subventions, convaincu les intervenants « on n’y croyait pas, parce que ce sont des professionnels mais ils ont dit oui très vite » Elles ont sélectionné 40 étudiants sur les 100 demandes reçues. Comment ? Tout simplement en créant un site web pour pouvoir informer et répondre à toutes les demandes. Instagram a fait le relais. 40 étudiants en art, design, architecture, de tous horizons « pour que ce soit plus riche, sans restriction » note Léa, à moins que ce ne soit Mila. Le prix à débourser pour les étudiants ? « 130 euros tout compris », annonce fièrement Salomé.

A partir de là tout s’enchaîne. Le jour J arrive, Léa, Salomé et Mila sont prêtes et stressées. Tout a été élaboré en amont, du programme ayant pour thème « s’installer » à la recherche des matériaux et objets de récupération trouvés et collectés sur place.

Matin du premier jour. Debout très tôt, elles vont chercher le pain pour préparer le petit déjeuner de tout le monde. « On n’a eu personne à réveiller ! » s’étonne encore Salomé. A 9 heures tout le monde n’est pas à la plage mais prêt pour les premiers ateliers. Chacun s’organise selon ses intérêts pour travailler en groupe. Déjeuner, puis reprise des activités. « Un petit temps de pause à la plage quand même, on est jeunes » précise s’il était besoin Mila.  « Il faut dire qu’il y avait des projets à la plage aussi « souligne Léa. « N’oubliez pas de dire qu’un collectif, Sainte Claude, est là avec un « mini studio » sous une tonnelle ». Un émetteur, des postes radio éparpillés sur le camp… et émissions et musique sont diffusées pendant toute la journée aux participants.

6 groupes doivent mener à bien un projet le temps de la summerS/cool. Sculpture, pièce de théâtre, photographie… le but est de travailler avec l’environnement et les matériaux sur place pour s’intégrer au maximum au paysage. Les conférences des intervenants rythment les soirées, suivies de discussions.  On ne se couche pas trop tard.

Au final ?  Un radeau construit par des étudiants (La mise à l’eau s’est très bien passée) l’exposition de tous les projets, une pièce de théâtre jouée par des étudiants et pour finir une soirée musicale offerte par le collectif Sainte Claude. Comprendre grosse fête.

L’avis des 3 artistes ? Trop court ! L’année prochaine ce sera pendant une semaine. Peut-être dans la montagne pour trouver une dynamique différente et pouvoir travailler avec les villages alentour. « Rester économique et écologique en tout cas » rappelle Salomé.

Et WiseWomen dans tout ça ? Léa et Salomé ont fait un stage à Paris dans un studio de graphisme. C’est le studio qui a vu l’appel à projets de Wisewomen sur Instagram et leur a dit de participer. Aussi simple que ça.

Aujourd’hui elles pensent déjà à la prochaine SummerS/cool. Eté2021. Le trio veut aussi faire une exposition de tous les projets qui ont été réalisées pendant la première édition. « Et en faire un livre aussi » rappelle Léa, ou Salomé - l ’une commençant une phrase et l’autre la finissant. Elles ont encore deux années d’études. Nul doute qu’elles ne fassent pas qu’étudier.




NDLR j’ai peut-être attribué à Léa une réponse de Salomé ou fait dire à Mila ce que m’a expliqué Léa, ou Salomé. J’espère que ni Léa, ni Mila, ni Salomé ne m’en tiendront rigueur






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